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Principales pathologies des tortues. le Mar 27 Fév - 22:17:12
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Par Alexandre Balzer, vétérinaire
Les pathologies générales
A - L'écart thermique
Il s'agit du coup de froid et du coup de chaleur. Le coup de froid se traduit par un animal léthargique et une diminution des défenses immunitaires qui provoque des problèmes respiratoires. Cela se produit souvent lorsque l'animal est sorti, du terrarium au dehors, au printemps, passant d'une température de 25-28 °C à une température de 15-16 °C. C'est aussi parfois le cas à la suite d'une anesthésie par le froid, qui fragilise les reptiles (mieux vaut recourir à une contention physique ou chimique). Cela peut aussi arriver en cas de panne du système de chauffage du terrarium. Le traitement est bien entendu de réchauffer l'animal. Mais ce réchauffement doit se faire très progressivement. Le coup de chaleur se produit lors de chaleurs importantes, lorsque aucun abri à l'ombre n'est possible. Il conduit très souvent à la mort. C'est une pathologie fréquente de la tortue placée sur un balcon, en plein soleil ou derrière une vitre, sans ombre, ou lorsque la tortue reste coincée, entre un mur et une pierre. C'est aussi le cas de la tortue dont le terrarium ne dispose pas de coin d'ombre aménagé. Dans les cas graves, le traitement repose sur les analeptiques cardiorespiratoires injectés par un vétérinaire. Sinon, il est possible de faire descendre la température corporelle de la tortue en la plaçant dans de l'eau à 30-32°C. Le pronostic reste, toutefois, réservé. Évidemment, la prévention est indispensable : vérification régulière du système de chauffage et des abris pour les tortues.
B - La noyade
Dans le cas des tortues terrestres, cela peut provenir d'un déséquilibre sur le point d'eau d'abreuvement. Pour les tortues aquatiques, cela survient lors de l'accouplement de femelles avec des mâles trop ardents qui les maintiennent trop longtemps sous l'eau. On retrouve alors la femelle affalée sur le bord de la plage. Le traitement, hygiénique et médical, repose sur des analeptiques cardiorespiratoires et un diurétique. La prévention passe encore une fois par une surveillance des zones de repos (elles doivent être facilement accessibles) et des niveaux d'eau (une hauteur d'eau insuffisante empêche la tortue de se retourner).

Les bassins d'eau doivent être adaptés en fonction de la tortue et de sa taille. Il est préférable d'utiliser des bassins avec un plan incliné permettant aux tortues de sortir de l'eau sans trop d'efforts.
C - Syndrome d'inadaptation
Il se produit sur les tortues exotiques (comme la terrapène, tortue semi-aquatique de climat tempéré, à régime alimentaire mixte) et se traduit par une anorexie mentale : « la tortue ne se sent pas bien dans sa carapace ». On observe un épuisement progressif, qui empêche, encore plus, la tortue de s'alimenter. On observe ensuite une facilité des maladies à s'installer. Il est fréquent d'observer sur ces animaux des lésions cutanées qui cicatrisent mal, des nécroses, une perte d'appétit, des diarrhées et une recrudescence du parasitisme. Ce syndrome intervient dans de très nombreux cas. Près de cinquante pour cent des tortues meurent d'inadaptation dans leur nouvel élément. Le stress et des conditions inappropriées font souvent des ravages. On vérifie, dans un premier temps, que la tortue dispose de bonnes conditions de vie puis on lui propose des aliments très appétants, tels que des fruits rouges. Si la tortue ne mange toujours rien, on peut alors songer à la gaver pour, dans un premier temps, faire remonter la glycémie. Il est conseillé d'administrer, en même temps, une dose de vermifuge et de stimuler l'appétit par une injection de vitamines A, D3 et E. Et, bien sûr, de modifier les conditions de vie de l'animal.
Est-il nécessaire de faire hiberner sa tortue ?
Il vaut mieux faire hiberner une tortue qui en a l'habitude, car la diminution du nombre des cycles d'hibernation réduit d'autant la durée de vie de l'animal. L'hibernation se réalise, en pratique, à partir de la seconde année de vie, lorsque la tortue a fini sa croissance et peut donc mieux supporter ce stade. Avant toute induction de la phase d'hibernation, il faut vérifier que la tortue a des chances de s'en réveiller, en s'assurant que le régime et les réserves énergétiques sont suffisants. Pour cela, il est nécessaire de pratiquer une vermifugation préalable et d'administrer un cocktail vitaminé (vitamines A, D3 et E). Si une tortue est malade avant l'hibernation, il faut d'abord la guérir (donc la maintenir éveillée...) puis on pourra la faire hiberner. Pendant la phase d'hibernation, il faut surveiller différents facteurs : la température (si celle-ci augmente, on risque une diminution de la profondeur du sommeil, voire une réactivation de la tortue, qui, ne se réalimentant pas, perd de l'énergie et risque de dépérir ; dans ce cas, il est conseillé de réveiller totalement l'animal, pour qu'il recommence à s'alimenter) et l'état des réserves de la tortue notamment. Si l'hibernation s'est passée sans problèmes, le réveil se pratique en mettant la tortue dans de l'eau tiède (32-33 °C), ce qui provoque une vidange des intestins, un réchauffement progressif de l'animal et le rétablissement du métabolisme physiologique, avec la reprise de l'alimentation. On peut réaliser ceci trois jours consécutivement puis vermifuger à nouveau.
D - Pathologie cutanée
Nous distinguerons dans cette partie les affections de la carapace puis les autres affections de la peau.
Les ulcères Ce sont, en général, des ulcères bactériens, plus rarement mycosiques. L'étiologie est le sol inadapté, ce qui abîme les pattes et le dessous de la carapace et conduit à la nécrose. Les bactéries colonisent alors de petites plaies. Les tortues présentent rapidement une congestion des membres et de la queue. Les conséquences peuvent être dramatiques, avec une nécrose du membre considéré voire une septicémie. Le traitement doit être rapide et fort. Les antibiotiques sont indispensables.

Les ulcères se développent rapidement. Les bactéries environnantes colonisent rapidement la plaie. On distingue sur la partie supérieure du membre gauche une érosion qui tend à s'étendre.
Nécrose de la carapace D'origine bactérienne, elle apparaît dans les zones de jonction des écailles de la carapace et se manifeste par des taches. Sous les écailles, l'os est atteint (il s'agit en fait d'une carie osseuse). Le traitement repose sur le curetage de la lésion, jusqu'au saignement, puis il faut boucher le trou (surtout pour les tortues aquatiques) avec du Violet de gentiane, de la pâte dentaire ou de la résine d'époxy. Si la lésion est petite, on utilise de la fibre de verre imprégnée de résine d'époxy à polymérisation lente, ce qui évite les brûlures, pendant la polymérisation du produit qui dégage de la chaleur, lors du durcissement. Si la lésion est plus importante, on peut mettre en place un support déjà polymérisé, qui évite le contact de la résine avec les tissus mous. Avant de placer la prothèse, il est possible de badigeonner la lésion avec une pommade, qui protégera les tissus sous-jacents. On associera, à ce traitement local, un traitement général sous la forme d'une antibiothérapie. Les tortues atteintes doivent être impérativement séparées des tortues saines.
Brûlures Les brûlures apparaissent en été ou dans les terrariums dont le chauffage est mal placé. Les animaux se brûlent en passant à proximité. Il faut désinfecter avec une solution de bétadine. Il faut de plus bien vérifier l'état général de l'animal. Si la brûlure n'est pas très importante, il n'y aura pas de conséquences, normalement. Cependant, si la blessure est profonde ou très étendue, l'animal risque rapidement d'être déshydraté. Il faut emmener rapidement la tortue chez le vétérinaire.

Tortue grecque blessée par une débroussailleuse. La colonne vertébrale et les organes profonds sont intacts. Le traitement consiste en la création d'une carapace de remplacement à l'aide de tissu de fibre de verre enduit.
Les abcès Il est fréquent de voir sur les reptiles et en particulier sur les tortues, des abcès cutanés ou sous-cutanés. Quelquefois, la présence d'abcès est la manifestation extérieure d'une infection profonde. Les abcès évoluent à partir de petites blessures externes. On retrouve de très nombreux germes qui colonisent alors la plaie. Les abcès sont généralement localisés sur le corps mais préférentiellement dans la région parotidienne, maxillaire, les zones interdigitées, les membres, le cou et la gorge. L'abcès se présente comme une masse non fluctuante, dure, de taille variable. Le pus apparaît jaunâtre à brun. Le traitement est à la fois local et systémique. La prévention passe par la vérification du terrarium et des surfaces blessantes. Chez la tortue, le tympan est plat. Dans le cas d'otites, on observe une tuméfaction du tympan, qui devient bosselé. Il faut alors inciser puis, à l'aide d'une curette, enlever toute la masse solide. On rincera, ensuite, avec un antiseptique (ou un antibiotique) puis on désinfectera régulièrement.

Un abcès évolue vers une plaie plus importante s'il n'est pas traité. Dans ce cas, la tortue ne s'alimente que difficilement. Si la lésion n'est pas impressionnante, les conséquences sur la santé de l'animal peuvent êtres dramatiques.
Les parasitoses externes : myases et acariens Les myases apparaissent sur les plaies suintantes ou les lésions de dermatites d'humidité. Les mouches y pondent et les asticots pénètrent dans l'espace entre la carapace et la peau puis passent dans la cavité générale. On trouve aussi, parfois, des asticots en grand nombre dans le cloaque. Les acariens, essentiellement des tiques et des aoûtats, sont présents sur les tortues importées. Le traitement repose sur des pommades à base d'organophosphorés. On proscrira absolument les ivermectines, toxiques pour la tortue.
E - Fracture
Elle est le plus souvent consécutive à un traumatisme (choc avec une voiture, morsure par un chien ou une tondeuse à gazon). Le premier temps consiste en un bilan de la santé de l'animal, afin d'estimer les chances de survie et les séquelles pouvant découler de l'accident. Il faut vérifier l'intégrité nerveuse (en effet, la colonne vertébrale est fixée au milieu de la dossière, sur deux tiers de la longueur, et se trouve par conséquent très exposée ; dans le cas d'une paralysie flasque, après section de la colonne, il n'y a rien à faire et le pronostic est extrêmement sombre), les lieux de fissure de la carapace lors des mouvements respiratoires, et l'absence de lésions majeures sur les organes sous-jacents. Avant toute réparation, on place un pansement durant quelques jours, ce qui permet de regarder à l'intérieur de la cavité. La réparation se fait ensuite à l'aide d'une résine et d'un bandage. On peut également utiliser des agrafes que l'on place en position de placage forcé, afin d'éviter tout bâillement, et que l'on recouvre d'une résine et d'un bandage. Dans le cas d'une perte de substance, il est possible de combler le déficit par une résine ou une pâte (sans oublier les précautions à prendre lors de la pose de la résine...).
Les pathologies de l'appareil respiratoire
Il s'agit de la pathologie majeure de la tortue grecque et de la terrapène, chez lesquelles on remarque une chronicité, et de la tortue d'Hermann et des tortues aquatiques, chez lesquelles il s'agit plutôt d'un accident (coup de froid).
A - Rhinite
Elle se traduit par des signes d'humidité permanente au bout du nez, des bulles lorsque l'animal respire, des écoulements séreux, muqueux ou purulents (attention, le pus des reptiles est rapidement solide...) sur le bord des narines, et une inflammation oculaire. Lorsque l'on ouvre la bouche, on observe une stomatite. Et, dans la partie interne, on remarque que les choanes sont obstruées par des masses jaunâtres de pus, qui diminuent les facultés olfactives de la tortue et l'empêchent de manger, la respiration devenant impossible s'il existe une alimentation concomitante. Il faut donc déboucher les choanes puis rincer les narines et les cavités nasales, avant de commencer tout traitement antibiotique. Le stade final de la rhinite voit une atteinte des poumons.
B - Pneumonie
On remarque que la tortue terrestre a une respiration bruyante (le propriétaire parle alors de plainte), car des éléments font obstruction, au niveau des bronches et de la trachée, provoquant parfois des sifflements. Pour les tortues aquatiques, les poumons étant situés sous la carapace - sur la partie supérieure du dos - et participant à la stabilité de la nage de l'animal, si l'un des poumons est atteint, la tortue penchera du coté du poumon atteint. Si les deux poumons sont atteints, la tortue ne pourra plus plonger, voire ne pourra plus nager (car elle ne contrôle plus sa pression hydrostatique). L'origine de cette pathologie est multiple : virale, bactérienne, mycosique, parasitaire (chez les tortues sauvages ou néo-civilisées). Le traitement consiste en l'administration d'inhalations (désinfectants respiratoires comme l'eucalyptol, le menthol, le thymol) - en utilisant un carton fermé, avec une séparation du bol et de la tortue - pour que celle-ci ne se brûle pas, ou en utilisant un couscoussier, avec la tortue au premier étage et le bol au rez-de-chaussée, et d'un antibiotique avec éventuellement un corticoïde. Il faudra veiller à garder la tortue à une température de 30 °C.
Dernière édition par le Mer 28 Fév - 17:03:47, édité 1 fois














